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Géraldine Dulat

GD, Red’chef d’Illionweb.ma, possède un œil laser bionique validé par une échographie durant sa période fœtale. Ce qui lui en fait trois, donc. Elle a trépigné sur place pour un site web généraliste féminin lors la période FDM après avoir bossé pour la réforme du Code de la Famille et de la Nationalité qu’il fallait désormais faire rayonner dans le monde intergalactique. Elle en parlait à Aïcha Sakhri, fort d’accord par ailleurs, durant mille et un jours. C’est grâce à Dalia medias qu’elles ont pu se lancer dans l’aventure en février 2011, avec la V1. Illionweb.ma défend une féminité universelle et mixte où les droits des femmes sont considérés des droits humains. Ce qui n’est pas encore le cas pour tout le monde, non, non, non.

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L’assassinat de Leïla Alaoui à Ouagadougou le 18 janvier revendiqué par le groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), est un électrochoc… sur la toile.

21 janvier 2016

La photographe d’art contemporain engagée dans un travail pétri d’humanisme universel incarnait une jeunesse marocaine en plein essor, libre, moderne et solidaire. Lors de la gnaza dans la maison familiale à Marrakech, hier, l’assemblée présente composée de la famille, d’amis et de personnalités du milieu artistique contemporain, un profond sentiment d’injustice traversait, telle une secousse tellurique, les esprits choqués devant le cercueil.

Pour de nombreuses personnes, le mot « terrorisme » vient de sortir de son abstraction virtuelle avec la mort de la jeune photographe. C’est concret : des êtres, engagées dans un projet de société défini soit politique tuent - et le revendiquent- d’autres êtres humains. Ce, au nom de la religion. On le savait. On ne le sait que trop. On le voit aux… infos et sur les réseaux sociaux. Mais là, c’est tombé sur une artiste dont l’engagement humaniste a toujours fait l’unanimité. Par hasard, elle était là dans cet espace public : voilà sa « faute ». En ce sens, il devrait y avoir un avant et un après la mort de Leïla Alaoui dans l’inconscient collectif.

Depuis l’attaque, la réactivité du Maroc a été exemplaire notamment en rapport avec l’absence constatée des officiels français sur place durant tout ce week-end tragique au Burkina Faso. Reste que lors de la journée de son inhumation, très forte en émotion, ce gap avec les institutionnels marocains, cette fois-ci, semble avoir persisté. Malgré les nombreux hommages faits à la famille, la présence du Wali de Marrakech, du Consul de France, des artistes de la scène contemporaine, Hicham Daoudi, fondateur de la CMOOA, Neïla Tazi vice-présidente à la chambre des conseillers, Nourredine Ayouche figure dans le secteur de la Communication, Youssef Chehbi pour les plus représentatifs… force a été de constater l’absence de représentants de la société civile en situation. Quid du coté du ministère de la Culture ? Quid des représentants de partis politiques ? Quid des ONG qui défendent les droits humains ? Si la sidération est réelle, elle n’explique pas l’inertie qui semble saisir les acteurs de la société civile progressiste. A se demander s’il en reste une. Un contraste saisissant entre les réactions de citoyens 2.0 qui ont exprimé leurs condoléances et ce flottement observé in real life vis-à-vis d’un attentat qui a touché une citoyenne. Le déni ? Peut-être.  Une veillée funèbre sera observée à Rabat, le 22 janvier de 19h à 21h à la Bibliothèque nationale du Royaume, avenue Ibn Khaldoun à Rabat. Sortons en nombre ! En hommage pour la mémoire de l’artiste et… pour dénoncer, sans complexes, l’extrémisme religieux contre lequel le Maroc est officiellement en état d’alerte. Non, ça ne se rapproche pas. C’est là.

Sur le vif :

Kamal Hachkar, réalisateur : « Au delà de la douleur provoquée par la perte d’une artiste proche, il faut que les consciences et la société civile se réveillent autour du terrorisme. Il faut dénoncer l’enseignement religieux extrémiste qui sévit dans les classes à l’école, dans les prêches de certaines mosquées, dans le rural où il prospère. Si on ne veut pas comprendre que la mort de Leïla est un avertissement alors ne nous étonnons pas pour ce qui risque d’arriver. »

Jamal Abdennassar, directeur de la fondation HIBA : « Il faut garder Leïla vivante à tout prix. Son travail le permettra mais plus encore, il est de notre devoir de ne pas laisser passer cette mort. Nous avons un devoir de transmission des valeurs humanistes qu’elle a toujours défendue lesquelles sont l’exact contraire de celles de ses meurtriers. Cette mort hautement symbolique est un marqueur du terrorisme qui n’est plus un mot abstrait. »

Youssef Chehbi, avocat : « La mort de Leila Alaoui nous touche profondément du fait de la proximité. Les attentats de 2015 nous ont touchés mais qu’une citoyenne marocaine en soit victime nous bouleverse et ce, même pour des personnes qui ne connaissaient pas son travail. La plupart des marocains découvrent Leïla Alaoui à travers sa jeunesse, sa fraîcheur, son sourire… L’identification à une jeune femme qui incarne la liberté de création est très intense. Nous sommes touchés du fait de cette contradiction de nous être habitués avec l’horreur du terrorisme qui n’était pas palpable et qui, aujourd’hui, l’est devenue. Même avec les attentats de 2003 à Casa et de Marrakech en 2011 et dans tous les pays, nous n’imaginions pas que les attentats allaient se généraliser ainsi partout dans le monde, à cette vitesse. Le curseur sur le terrorisme et sur le règlement des conflits politiques dans le monde s’est vraiment déplacé et touche des espaces publics pacifiés. Nous sommes vraiment entrés dans une zone d’instabilité majeure dont les répercussions politiques sont imprévisibles. »

Sonia Terrab, écrivaine : « Une amie vient de partir et depuis vendredi, nous sommes quelques uns à ne pas dormir saisis par l’épouvante. Leïla avait le talent, rare dans le milieu artistique, de présenter les bonnes personnes au bon moment. Sa générosité était, au sens propre, extraordinaire. Aujourd’hui, je pense à elle que je vois et ressens perte d’un talent en plein essor. »

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