RACONTE-MOI UN CONTE

24 mars 2013 à 12 h 45 min par Yasmine Belmahi

4 partages

Au « Cube independent Art Room » de Rabat, l’artiste Eve Spierenburg se penche sur les rencontres des archétypes du conte berbère et de celui du conte de fée européen.   Petites boules de laine suspendues à un fil, nous pouvons imaginer un berger, une tisseuse de tapis, la fête du sacrifice du mouton.Une rangée d’outres suspendues … Continue reading RACONTE-MOI UN CONTE

portraitAu « Cube independent Art Room » de Rabat, l’artiste Eve Spierenburg se penche sur les rencontres des archétypes du conte berbère et de celui du conte de fée européen.

 

Petites boules de laine suspendues à un fil, nous pouvons imaginer un berger, une tisseuse de tapis, la fête du sacrifice du mouton.Une rangée d’outres suspendues entre deux branches, nous pouvons imaginer en fermant les yeux entendre le bruit de l’eau qui clapote et la voix du père qui rassure son enfant «  Quand tu entendras le bruit de l’eau dans l’outre, cela voudra dire que je ne suis plus très loin ». Et l’enfant confiant regarde son père s’éloigner sans savoir que le père va accrocher l’outre sur une branche d’arbre et que c’est le vent qui agitera l’eau. Le père ne reviendra pas.

Nous sommes dans la première salle du « Cube-independent art room » de Rabat », qui nous invite avec l’artiste néerlandaise Eva Spierenburg à faire une escapade dans l’univers du conte, miroir de nos peurs les plus enfouies, de nos angoisses, de nos désirs et de la complexité humaine «  Il y a déjà quelques années que j’ai commencé à réfléchir sur le conte. Puis j’ai commencé à mélanger mes contes personnels, c’est à dire une part de ma mémoire, de mes rêves, de mes expériences familiales aux contes universels. Il y a dans cette structure narrative des motifs qui touchent tout être humain ». Si les conteurs nous donnent des mots pour voir, Eva nous livre des objets comme autant d’ancrages dans des imaginaires qui semblent éloignés mais qui sont reliés par de puissants archétypes.

Pendant les premiers jours de résidence à Rabat, l’artiste Eva Spierenburg ressent fortement l’étrangeté d’une immersion dans une autre culture d’un pays dont elle ne connait ni la langue, ni les us et coutumes. Se promenant dans la médina, elle va se laisser imprégner par toutes sortes de sensations et y choisir des éléments clés : la laine, l’eau, les épices…Elle va examiner les ressemblances de certains contes berbères et contes de fées européens, plus précisément celui de « Hänsel und Gretel ». Travaillant sur les archétypes, elle fait surgir différentes figures qui s’y croisent comme la terrifiante sorcière présente depuis des millénaires dans l’imaginaire collectif. Dans une autre salle, l’artiste met en scène sur une grande toile les protagonistes des contes tant berbères qu’européens : l’enfant, la méchante belle-mère, la grotte, le serpent, les oiseaux, la forêt…Lieux, personnages et animaux ont une symbolique souvent ambiguë ou ambivalente. Les thèmes sombres des contes sont traités : l’abandon, la traîtrise, la soumission, la domination, la fausse ingénuité, la tentation de l’infanticide…Mais tout conte ne parle t-il pas de soi ? N’y a t-il pas glissement perpétuel entre  soi et le conte ?  «  Il y a toujours des éléments personnels. Dans mon enfance, j’ai été souvent seule, mon père était peu présent et ma belle-mère ressemblait à celle des contes, c’est à dire à une femme qui n’est pas capable de donner l’affection et l’amour et qui préfère, comme dans mon image, nourrir ses oiseaux plutôt que ses enfants. C’est pour cela aussi que je lui ai confectionnée des seins en confettis. Ils ne sont qu’apparat et séduction ». Dans une petite niche claustrophobe de l’appartement, Eva nous livre un serpent, créature froide, incarnant le plus souvent le psychisme obscur, et archétype fondamental aux valences symboliques les plus contradictoires.

L’artiste néerlandaise s’empare de l’univers des contes autant par le dessin, la peinture, l’installation que la vidéo que nous découvrons dans  la troisième pièce. Là se joue la complexité des relations humaines faite d’attraction, de répulsion et de heurts : homme et femme, frère et soeur, mère et fils ou père et fille…À vouloir trop se rapprocher de l’autre, on se blesse.

Entrer dans un monde de sorcières, de fées, d’ogres ou d’animaux maléfiques, c’est toujours y entrer avec notre propre imaginaire. À chacun donc de réécrire son conte à partir des éléments proposés par l’artiste.

 

 

N’hésitez pas à faire cette échappée avec Eva Spierenburg dans « Le conte des contes ».

Rendez-vous à tous pour le finissage le 09 Avril au « Cube-Independent art room » à Rabat à 18 heures 30.

 

 

 

Tags :

Yasmine Belmahi

Commentaires

Nouvel article !

title Post

  • Fatima benabdellah
  • >Mode
  • 04 Dec
 

FESTIVAL DE CANNES: COMPTE A REBOURS

  • auteur illi
  • ACTU
  • 24 dim
 

TRENCH: TOUJOURS D'ACTU

  • auteur illi
  • ACTU
  • 24 dim

Nouvel article !

Opta Team : Messi s'abonne, Neymar

  • auteur Fatima benabdellah
  • Mode
  • 04 Dec